La Somatic Experiencing
Historique

Peter A. Levine, docteur en biophysique médicale et en psychologie, a été consultant en matière de stress pour la NASA, lors de la conception de la première navette spatiale. Mais il est surtout connu aujourd’hui pour son engagement dans le champ de la traumatologie psychique et le développement de thérapies fondées sur ce qu’il appelle l’«Expérience somatique» (Somatic Experiencing ou SE).

La technique de Peter A. Levine est une approche holistique facilitant l’accès à la mémoire du corps, ce grand oublié des thérapies du XXe siècle. Cette méthode se base sur la manière dont le système nerveux central et l’ensemble du corps gèrent les événements à forte connotation émotionnelle, en prenant en considération l’être humain dans sa globalité, soit tous ses aspects : le corps, les émotions, les pensées et les croyances.

Le corps se souvient…

Tout individu confronté à un danger (événement trop violent, trop rapide ou trop intense) qu’il n’est pas en mesure de surmonter par une réaction de fuite ou de lutte peut en rester pétrifié, figé dans une réaction d’immobilité. Une forte charge d’énergie de survie reste alors bloquée dans son système nerveux.

Le trauma surcharge une partie du système nerveux dans une ou plusieurs situations de la vie». Le quotidien de la personne affectée s’en ressent, comme si sa capacité de vivre était amoindrie. Le trauma vient donc perturber le bon fonctionnement du système en le bloquant. L’Expérience somatique permet d’intégrer ce trauma et, par-là, elle désactive la charge qui est restée emprisonnée dans le corps, rendant possible un retour à une vie normale.

L’Expérience somatique est utile en tout temps, pour les grands comme les petits traumas. Dans la vie quotidienne, les traumas sont omniprésents. Par exemple, lorsque quelqu’un sort brusquement de l’ascenseur et que nous n’avons pas le temps de reculer, il peut se produire un effet de surprise, une situation dans laquelle nous faisons face à l’inconnu. Il se peut qu’à la suite de cette expérience assez anodine, nous soyons amenés à hésiter devant la porte de l’ascenseur. Un mouvement d’évitement s’est alors immiscé dans notre corps et risque, s’il n’est pas intégré, de se répéter dans les situations similaires.

On peut considérer une relation comme enterrée depuis des années, en étant en paix au niveau de ses sentiments et de ses idées. Et pourtant, mystérieusement, notre estomac se noue lorsque nous rencontrons à nouveau la personne avec laquelle nous étions en relation.

Ce ressenti physique montre que le corps, lui, n’a ni oublié, ni «lâché». Et si le corps ne «lâche» pas, les émotions reviennent et les pensées aussi.

Si le choc ou le trauma est trop fort, la quantité d’énergie bloquée sera considérable, ce qui produira chez le sujet un comportement d’hypervigilance, seul moyen pour lui de gérer cet excès d’énergie. Concentrée sur toutes les sources possibles de danger, la personne se méfiera de tout ce qui sort de l’ordinaire. Angoissée, elle restreindra ses activités en conséquence.

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« Le traumatisme n’est pas dans l’événement en soi, mais dans le système nerveux de l’individu qui l’a vécu.»

Dr. Peter A. Levine